Près de 400 personnes ont assisté samedi à une rencontre des Abénakis de Wôlinak, qui se sont réunis pour changer le code d’appartenance à la réserve. Cette rencontre devait permettre de décider de l’avenir de la famille Landry au sein de la communauté.

La famille Landry est un sujet de débat depuis des années dans la communauté abénakise.

Samedi, les avocats du conseil de bande ont indiqué que selon eux, le statut d’Indien obtenu par la famille Landry a été obtenu sur la base de faux documents.

Par ailleurs, plus de 230 000 $ puisés à même les fonds de la réserve de Wôlinak auraient servi à la défense des droits de la famille, qui se sont battus pendant 30 ans pour faire reconnaitre leur statut d’Indien.

Depuis son arrivée en poste, le chef Michel Bernard affirme qu’il a décelé plusieurs irrégularités dans la gestion de l’ancien chef, Denis Landry.

Je me demande comment ça se fait que les Landry aient utilisé les fonds de la bande en frais d’avocat pour défendre leur droit.
Michel Bernard, chef du Conseil des Abénakis de Wôlinak

Pour sa part, Denis Landry rejette ses accusations.
« De pas avoir défendu la famille Landry, ça aurait été discriminatoire, répond-t-il. Pourquoi défendre toutes les autres et pas les Landry? Quand j’ai été chef au conseil, j’ai été égal pour tous. »

Lors de la rencontre, 117 personnes ont voté en faveur de la proposition de modification du code d’appartenance, et 64 ont voté contre.

Les habitants de la réserve devront maintenant décider s’ils acceptent la présence de la famille Landry au sein de la réserve. Un vote à ce sujet aura lieu au cours des prochains mois.

Une vieille querelle
Bien que le statut d’Indien de la famille Landry soit maintenant reconnu, le conseil de bande refuse que les 22 membres de la famille fassent partie de la bande de Wôlinak.

« On ne les reconnaît pas comme des membres de notre bande, dit le directeur général du Conseil des Abénakis de Wôlinak, Dave Bernard. Si les lois fédérales prévoient que eux ont le droit à l’inscription, ça les regarde, mais nous on n’a pas à les accepter. Nous, on a un code d’appartenance [pour] accepter ou non des membres sur notre liste. »

Seuls trois membres de la famille Landry se sont présentés à cette rencontre.

Denis Landry, qui a fait l’objet de plusieurs commentaires de la part des Abénakis présents, n’a pas pris la parole publiquement. Il rappelle que l’affaire a déjà été jugée et que le statut d’Indien a été reconnu à sa famille.

« Ce que j’ai de la difficulté à comprendre, c’est que l’important pour les Abénakis, c’est d’être plus nombreux, dit-il. En nous excluant comme ils veulent le faire, ce sont des revenus de moins pour la communauté. »

Le chef Michel Bernard souligne que malgré le fait que cela pourrait paraître d’une guerre de clan entre sa famille et la famille Landry, il n’en est rien. « Moi, tout ce que je veux, c’est de remettre de l’ordre dans les finances. »